Utilité du Français
Lorsque le grand homme d’État qu’était James G. Blaine envoya son fils aîné en Europe pour compléter son éducation, il lui donna ce conseil: “Apprends le français et l’allemand, mais surtout la première de ces langues.” Dans le cours de sa brillante carrière diplomatique Blaine avait eu sans doute plus d’une fois l’occasion de constater que la connaissance du français à son utilité, voir même sa nécessité, même pour ceux qui son destinés à vivre dans un pays de langue anglaise comme le nôtre dit un journal français des États-Unis. Les hautes classes américaines, aujourd’hui, cultivent le beau parler de France avec soin, comme une fleur rare, au parfum exquis, ou plutôt comme une belle plante qui réunit l’agréable à l’utile. Dans les universités de ce pays et dans les “high schools” le français est enseigné de plus en plus, et nous pouvons affirmer que le temps s’en vient, rapide comme la gazelle des déserts, où tout Yankee qui se piquera d’être un home instruit sera capable de tenir une conversation française d’une manière passable.
“Utilité du Français,” L’Impartial, 12 October 1899, p. 2.