Céleste

Termes de recherche

Céleste: Nouvelle Acadienne.

Une de ces voitures particulières que promènent les marchands-colporteurs à travers les campagnes, grimpait lentement, au pas d’un cheval efflanqué, une petite côte sur le chemin de Tignish, à l’extrémité nord-ouest de l’Île-du-Prince-Édouard. A voir de loin cette sorte de fourgon aux larges flancs recouverts d’une couche de peinture brune, on êut dit un énorme scarabée s’avançant péniblement sur la poussière du chemin et sous les rayons du soleil qui faisait étinceler les étuis cornés de ses ailes.

Tesson, Louis. “Celeste: Nouvelle Acadienne.” Le glaneur 1 (Nov. 1890): 1.

 

Céleste de louis Tesson

Céleste: 2e Nouvelle Acadienne.

Ce matin-là, Céleste, vêtue d’une simple robe de calicot un peu défraîchi, et coiffé d’un chapeau de paille bien simple, s’en allait joyeusement et d’un pied alerte, sur le chemin, du côté du magasin de Dominique qui se trouvait à peu de distance de sa maison. C’était une petite maison en bois, de modeste apparence, élevée sur un coin de terre attenant à la route. Sur la façade principale, elle était éclairée d’une porte et de deux fenêtres; une de chaque côté de la porte. A travers les vitres on apercevait un petit étalage de marchandises, avec deux lignes de comptoirs et de rayons qui se prolongeaient jusqu’au fond. Ce n’était guère qu’à cela qu’on reconnaissait un magasin.

Tesson, Louis. “Celeste: Nouvelle Acadienne.” Le glaneur 1 (Nov. 1890): 15.

 

 

Céleste de Louis Tesson

La fête nationale du 15 d’août [1891] à Rustico, 1ère partie.

Samedi dernier, 15 août, jour de l’assomption, était la fête nationale des Acadiens. Disons en passant qu’il n’y a la qu’une simple coincidence avec la fête nationale française du 15 août sous l’Empire, car les Acadiens ont mis, il y a dix ans, leur nationalité sous la protection spéciale de la Ste.Vierge Marie et ont choisi l’une de ses plus glorieuses fêtes, sinon la principale, pour célébrer leurs réjouissances nationales, comme les Canadiens ont choisis la St. Jean Baptiste.

Arsenault, Georges. The Island Acadians 1720-1980. Charlottetown: Ragweed Press, 1989. (page 1)

Utilité du Français

Lorsque le grand homme d’État qu’était James G. Blaine envoya son fils aîné en Europe pour compléter son éducation, il lui donna ce conseil: “Apprends le français et l’allemand, mais surtout la première de ces langues.” Dans le cours de sa brillante carrière diplomatique Blaine avait eu sans doute plus d’une fois l’occasion de constater que la connaissance du français à son utilité, voir même sa nécessité, même pour ceux qui son destinés à vivre dans un pays de langue anglaise comme le nôtre dit un journal français des États-Unis. Les hautes classes américaines, aujourd’hui, cultivent le beau parler de France avec soin, comme une fleur rare, au parfum exquis, ou plutôt comme une belle plante qui réunit l’agréable à l’utile. Dans les universités de ce pays et dans les “high schools” le français est enseigné de plus en plus, et nous pouvons affirmer que le temps s’en vient, rapide comme la gazelle des déserts, où tout Yankee qui se piquera d’être un home instruit sera capable de tenir une conversation française d’une manière passable.

“Utilité du Français,” L’Impartial, 12 October 1899, p. 2.

À propos de Drapeau

L’Examiner du 18 décembre, après avoir cité les paroles qu’aurait prononcées M. Tarte, donnant les motifs qui poussent les Canadiens d’origine française à aborer le pavillon anglais, devient tout à coup rouge de colère. Ne vous faites pas tant de bile, M. l’Examiner, et n’allez pas croire que vous pouvez changer l’oeuvre de la nature et de la Providence. La nationalité française continuera à se déveloper au Canada, et tant que l’élément français du Dominion se montrera loyal à la couronne d’Angleterre, comme il a été a été par le passé, vous aurez beau à vous débattre comme un énergumène, vos platitudes ne trouveront pas d’écho chez les hommes sensés. Libre à vous de vous confondre avec les autres nationalités de manière perdre votre identité, et à ne former qu’un amas hétérogène d’Anglais, Écossais, Irlandais, Doukhaboors, Galiciens, Cris et Micmacs. Quant à nous, Français et loyaux sujets du roi Édouard VII, nous ne sommes pas encore arrivés à ce degré de renoncement à nous memes. Nous prétendons rester ce que nous sommes. D’ailleurs la théorie de l’Examiner ne semble pas avoir droit de cité chez la population anglaise de Montréal. Quel tapage messieurs les Anglais qui sont en minorité à Montréal, n’ont-ils pas fait au sujet du successeur du juge Wurtele, lorsque la rumeur s’est répandue qu’un Canadien –français, le juge Langelier, devait être nommé à sa place. Tous les avocats anglais de Montréal ont protesté et nommé une délégation pour présenter leurs réclamations à Sir Wilfred Laurier.

“A propos de Drapeau,” L’Impartial, 2 January 1902, p. 4.

La fête nationale du 15 d’août [1891] à Rustico, 2e partie

Alors la procession se forme. Tandis que toutes les cloches sonnent leur joyeux carillon, la foule sort lentement de l’église. D’abord, la fanfare de Rustico, une société d’hommes, bannière en tête, puis les enfants de Marie, jeunes filles vêtues en blanc, portent une bannière blanche aux fleurs d’or, avec une Vierge à la robe éclatante, ensuite une foule d’hommes et de femmes marchant par rangées de quatre, et enfin les enfants de choeur, aux soutanes noires et aux surplis blancs et le clergé.

Arsenault, Georges.  The Island Acadians 1720-1980. Charlottetown: Ragweed Press, 1989. (page 3)